Atlas Intime - Mékong mère de tous les fleuves

 

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Le monde est plein, à en déborder, de belles choses,

et pourtant pauvre, très pauvre en beaux instants et en dévoilement de ces choses.

Fréderic Nietzsche 339 Le Gai Savoir

Atlas Intimes - Le projet 

Atlas, « le porteur », est l’un des Titans issus du Chaos originel. À la suite de sa défaite contre les dieux de l’Olympe, Zeus le condamna à porter la voûte céleste sur ses épaules pour l’éternité, avant que Persée ne le pétrifie.

Dans Atlas intimes, je revisite mes instantanés, fragments d’un pêlemêle photographique niché au creux de ma mémoire numérique. Pérégrin impénitent, je refais le voyage à l’intérieur, recomposant le puzzle de mes souvenirs et réveillant le langage de mes émotions.

Réintégrer mon parcours, faire retour, confronter mon regard d’aujourd’hui à celui d’alors dans le secret espoir de trouver les mots justes qui sauront revitaliser mon passé défraîchi.

L'atlas est la première vertèbre cervicale qui porte la tête et permet avec l'axis les mouvements de hochement de tête (« oui ») et de rotation (« non »). Les vertébres sont au nombre de 33.

En numérologie, 33 est considéré comme un "nombre maître", représentant l'amour universel, la compassion et l'élévation spirituelle. Tout tend au sens et à l'harmonie.

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Mékong mère de tous les fleuves

Remonter le fleuve des souvenirs, c’est plonger dans des eaux qui ont changé — comme nous. Héraclite le rappelait : l’impermanence donne à la mémoire une douceur mélancolique. Dans " Mékong - mère de tous les fleuves" Antoine Duclercq ravive les sensations de sa descente du Mékong : la moiteur de l’aube, le hoquètement d’un moteur, le balancement du bateau, les voix et les regards croisés. Autant de fragments qui composent la cartographie d’un homme façonné par ce qui demeure après le voyage.
Avec Mékong– Mère de tous les fleuves, l'auteur inaugure "Atlas Intime" une collection d'albums couleur où les archives photographiques deviennent une géographie émotionnelle, portée par un cœur en quête de sens dans le flot du temps.

Feuilleter

Les Murmures du Mékong

Descendre le Mékong n’est pas un choix mais un souffle intérieur, une convocation venue d’un imaginaire géopoétique qui m’entraîne, porteur de noms comme Tonlé Sap, Angkor, Phnom Penh ou Saigon, balises d’un chemin tracé d’avance.

Bateau mekong

Voyages nés de l’élan

Mes errances sont tout autant le fruit de réflexions approfondies que d'appels irrésistibles. Loin de prédire une vie d’aventures, je me laisse simplement happer par l’inattendu, quand Jules Verne remplace mes lectures pieuses et peuple mes rêves de vastes horizons.

Une dette tissée d’affection

Je ne sais plus quand j’ai consenti à cette dette morale envers la fillette pauvre de Phnom Penh, mais c’est par amour, non par devoir, que j’ai pris soin des neveux d’une amie cambodgienne, comme pour racheter l’innommable génocide des Khmers rouges, utopie funeste née des vers de Rimbaud et de Vigny. Ce sera l'objet d'un autre voyage.

Rencontrer l’ombre en face.

À vingt-deux ans, j’ai foulé Auschwitz ; l’horreur m’y a ébranlé. Aurai-je le courage, un jour, de franchir le seuil du camp S-21 ? Bientôt, je le sais déjà. Chaque lieu de mémoire où je pose les pieds m’oblige à regarder en face les deux visages d’une humanité infirme. Dans ces étendues d’eau et de souvenir, je suis à la fois pèlerin et gardien : emporté par un appel plus fort que ma volonté, et lié par un amour silencieux qui veut panser les plaies du passé.

Dimanche 19 août 2012, 09:49  30° Taux d'humidité 90°. Température de l'eau 29°. Temps oppressant.

Tableau familial sur bateau

S’apprivoiser sur un bateaumaison, c’est danser avec l’instable, apprendre à vivre là où le sol tangue et où chaque pas devient rituel.

A peine sortis de l’enfance, les parents portent déjà l’étoffe des adultes. La grandmère, jeune encore, effleure la quarantaine comme une rive douce.

L’embarcation, modeste sanctuaire, embrasse toute la vie domestique. La mère, radieuse, guide la main du nourrisson dans un salut offert au passant, tandis que le père le soutient, le regard de l’enfant happé par les reflets mouvants de l’eau.

Derrière eux, la grandmère frotte le linge, une gamelle sèche au soleil. Tout respire la simplicité, l’accord parfait entre gestes et éléments.

Mékong, fleuve de mémoire, où la terre et l’eau se parlent en silence. La vie, longtemps suspendue, a repris son souffle sur tes rives.

Autrefois, sous le joug des Khmers rouges, l’espérance de vie s’était effondrée, réduite à 13 années pour les hommes et 15 années pour les femmes. Aujourd’hui, ele s’élève à soixante dix, comme un chant revenu de l’ombre

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