Cent dix ans après leur rédaction, les lettres du grand‑père de l’auteur ressurgissent lors d’un déménagement, comme un éclat de mémoire soudain revenu à la lumière. « Je revois parfaitement comme si c’était aujourd’hui, ta première apparition… » écrit Georges à Suzanne. Mariés à Abbeville le 1ᵉʳ octobre 1910, ils sont déjà parents de deux enfants lorsque Georges est mobilisé le 2 août 1914 : « La grande lutte est engagée… »
À partir de cet instant, une autre bataille commence. La charge de la famille repose désormais sur Suzanne, qui, comme tant de femmes de la Grande Guerre, doit prendre en main le grand bazar familial : gérer les achats et les ventes, tenir la comptabilité, superviser le personnel, maintenir le foyer debout malgré l’absence et l’angoisse. Tandis que Georges écrit depuis le front, Suzanne affronte un front domestique tout aussi implacable, fait de responsabilités soudaines, de courage silencieux et de résilience quotidienne.
À travers cette correspondance d’une sincérité bouleversante, le livre restitue la relation de Georges et Suzanne dans ses couleurs d’origine. La petite et la grande histoire s’y entremêlent, offrant un voyage vibrant dans les dernières années de la Belle Époque et les premiers soubresauts du XXᵉ siècle. On y découvre un témoignage authentique sur les mœurs, les mentalités et la vie quotidienne d’une époque que la guerre va déchirer.
Ce récit, d’une troublante actualité à l’heure du retour de la guerre en Europe, touche par son humanité et par la force des sentiments qui traversent les décennies.
Il passionne également les collégiens et lycéens, désireux d’enrichir leur compréhension de la Première Guerre mondiale, mais aussi de renouer un dialogue familial autour de la mémoire, de la transmission et du souvenir de leurs ancêtres.