Seuls tes yeux bougent, mis en mouvement par le défilement du paysage.
Montagnes et rivières, plaines et vallées, ponts et isbas défilent, muets.
La seconde façon de voyager consiste à donner procuration à un écrivain voyageur, et t’en remettre à ses récits : J. VERNE, R.L. STEVENSON, S. LAGERLÖF, H. de MONFREID, J. LONDON, B. CENDRARS, J. LACARRIÈRE, … qui introduisent chacun l’enfant à l’envie de la première manière.
La troisième manière de te dépayser consisterait à devenir étranger sans bouger de chez toi.
Il suffit de recevoir le visiteur et te laisser observer. C’est devenir un autochtone, un indigène conscient de son état dans cet endroit de hasard qu’est le lieu de ton séjour.
C’est devenir un objet d’étonnement au regard du voyageur dont la langue, la couleur, les mœurs peuvent en tout point se distinguer des tiens.
Faire en sédentaire un voyage asymétrique. Te laisser regarder et te contenter d’accueillir l’étonnement produit.
Te décentrer de tes certitudes d’occidental péremptoire maquillées sous l’aplomb. Te laisser faire, pour une fois !
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